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Quelques notions sur les coccinelles

Publié le 29/04/2021 Vue 230 fois

... et aidez-nous à leur cartographie !


Les Coccinelles… vous avez dit rouges à points noirs ?

Très peu d’insectes sont aussi estimés que les Coccinelles. « Bêtes à bon Dieu » pour certains, auxiliaires précieux des cultures pour les autres, "la Coccinelle" n’en est pas moins méconnue.

Reprenons les généralités : "Les coccinelles", car il en existe plus de 120 espèces en France, font partie du grand groupe des insectes et de la famille des "Coccinellidae". Elles ont alors logiquement six pattes, deux paires d’ailes et deux antennes. Une des paires d’ailes est rigide et recouvre les ailes servant au vol, il s’agit des élytres qui portent les couleurs. Les coccinelles sont des insectes qualifiés d’ "holométaboles" car elles passent par les stades œufs, larves et nymphes avant d’atteindre l’âge adulte (tout comme les papillons). Ainsi lorsque l’on observe une coccinelle nous avons toujours un individu à taille adulte qui ne grandira plus ou ne gagnera pas de nouveaux points sur le dos suivant son âge (contrairement à une idée reçue chez les petits… et les plus grands).

Tout le monde est capable de reconnaître la très commune Coccinelle à sept points (Coccinella-7-punctata) avec ses élytres rouges ornées de 7 points noirs (ici sur la base), mais en est-il autant des plus de 60 espèces qui peuplent le Maine-et-Loire ? En effet il existe certaines espèces ne dépassant pas les 3mm (ici), de couleur noire dominante, d’autres, plus grosses, jaune citron avec 22 points (ici), ou même des espèces de forme allongée à la coloration orangée (ici)… un examen attentif de l’individu s’étant invité à notre pique-nique devient alors nécessaire pour voir qu’il s’agit simplement d’une Bête à bon Dieu.

La majorité des espèces de coccinelles se nourrissent de pucerons, jusqu’à 200 par jour pour la Coccinelle à sept points, et font d’elles de précieux auxiliaires de culture. Cependant, selon les espèces, elles acceptent également d’autres sources de nourritures : cochenilles, acariens, thrips, pollen, nectar ou matières végétales. Chaque espèce est alors spécialisée dans un certain type de nourriture et l’étude de son régime alimentaire est nécessaire pour optimiser son rôle dans la lutte biologique.

Contrairement à de nombreux insectes qui passent la mauvaise saison sous forme de chrysalide ou de cocon, les coccinelles passent l’hiver à l’état adulte. Selon les espèces elle se rassemblent en groupe allant de quelques individus à plusieurs milliers dans les mousses, sous les écorces ou dans les maisons (le record est détenu par la Coccinelle à deux points Adalia bipunctata avec l’estimation d’un rassemblement de 250 000 à 500 000 individus parmi les briques et le ciment d’une grange en démolition en Grande-Bretagne !).

Il est facile de contempler la Coccinelle à sept points dans son jardin mais pour d’autres espèces, même communes, leur observation est plus difficile. Ainsi des espèces passant l’ensemble de leur vie dans certains arbres sont détectables uniquement en battant  les branches à l’aide d’un bâton et en les faisant tomber sur un drap blanc (technique dite du « parapluie japonais »). Une autre technique consiste à faire tomber dans un « filet-fauchoir » les espèces présentent dans la végétation basse.

Ces techniques sont celles actuellement utilisées pour la cartographie des Coccinelles de l'Ouest de la France coordonnés par le Gretia et à laquelle les données de la base de l'URCPIE servent (ici), n'hésitez pas à y participer en nous envoyant vos observations ou photos de coccinelles (sans oublier de nous donner le lieu d'observation afin de pouvoir placer correctement la coccinelle en question sur sa carte de répartition !). Merci !

Auteur : Olivier DURAND