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Le Lierre, grimpeur des cimes…

Publié le 09/11/2020 Vue 172 fois


En ces temps de confinement, zoom sur une espèce commune mais malgré tout méconnue, le Lierre, grimpeur des cimes…

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Carte d’identité de l’espèce

Nom français : le Lierre commun (appelé aussi Lierre grimpant)
Nom latin : Hedera helix.
Taille : de 20 à 30 mètres de haut (ou de long).
Longévité : plus de 400 ans. Certains sujets en Italie ont été datés à plusieurs milliers d’années.
Statut : considéré comme faisant partie des lianes arborescentes avec les Clématites et autres Chèvrefeuilles.
Particularité : sempervirente (toujours vert)

Cartographie du Lierre grimpant sur la base

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Le Lierre commun (Hedera helix de son nom latin) est bien connu de tous. Cette plante qui se répand en cascade sur les murs des maisons, le sol de la forêt et grimpe inlassablement aux arbres de nos jardins est la seule espèce de lierre présente naturellement (indigène) en France. Elle possède de nombreuses variations morphologiques, notamment de sa feuille qui peut prendre des allures de flèche effilée ou à l’opposé de cœur bien rond, pouvant faire hésiter sur son identification. L’âge du pied de lierre et son exposition à la lumière semblent expliquer ces différentes formes.

Espèce omniprésente, le lierre se développe avec un seul et unique objectif : rechercher la lumière. En effet, élément essentiel à la vie des végétaux de manière générale, cette plante est d’autant plus sensible à ce paramètre qu’elle ne peut fleurir et fructifier que si elle reçoit suffisamment de photons (particules lumineuses).

Lorsque l’automne s’annonce, il est possible de découvrir les perles de lierre, autre appellation donnée à ses baies noires. La relative toxicité de celles-ci et les propriétés fortement purgatives des infusions et décoctions des feuilles sont à l’origine de nombreuses controverses par rapport au statut attribué au lierre de « plante médicinale ».

Autrefois, de nombreux préjugés lui valurent à tort le nom de Bourreau des arbres. Son habitude à s’accrocher à tout ce qui est à sa portée dans son inexorable quête de lumière en fait pour le néophyte un parasite à détruire absolument. Cependant, l’observateur attentif remarquera que l’espèce possède son propre système racinaire n’empruntant alors que le support à l’arbre. Observez-le, croissant avec une magnifique vigueur sur les poteaux en béton… Ses multiples petites racines, le long de la tige, n’ont aucune fonction nourricière. Transformées en crampons fixateurs, elles sont capables de se caler avec la plus grande précision sur tous supports grâce à de petites ventouses adhésives localisées à leurs extrémités.

Le principal reproche fait incessamment au lierre est qu’ « il nuit à la croissance des arbres et les étouffe peu à peu !». Il est vrai que la luxuriance de certain sujet pourrait laisser croire à la véracité de cette pensée. Et pourtant, encore une fois, les observateurs aguerris remarqueront que les arbres en bonne santé ne sont jamais envahis totalement par le lierre. C’est un précieux équilibre que l’un et l’autre savent trouver : le lierre cherchant la lumière sera rapidement arrêté par l’ombrage procuré par le houppier de l’arbre en bonne santé et restera ainsi « bloqué » dans sa folle course à une certaine hauteur. Lorsque, l’hiver, les feuilles tombent, le houppier est de nouveau à la lumière mais le lierre n'est plus dans sa période de croissance.

Ainsi, le lierre ne peut être à l’origine de « l’étouffement d’un arbre ». Cependant, l’arbre déjà affaibli ou très jeune pourra avoir une déperdition accélérée par un lierre qui pousserait plus rapidement que son support.  Moralité, ne coupons plus systématiquement le Lierre sur nos arbres en pleine vigueur, il n’en est d’aucune gêne et le protège même des intempéries (froid, vents…) !

Pour finir, l’espèce contribue fortement au maintien de la biodiversité. Petits mammifères, pigeons, mésanges et autres insectes trouveront dans son feuillage sempervirente (toujours vert) un lieu privilégié pour s’installer. Les nids sont camouflés été comme hiver et offrent une bonne protection thermique. Bien que toxique pour l’homme, à l’automne et en hiver, ses baies sont aussi un mets très apprécié par les petits passereaux et autres animaux frugivores hivernant. Ainsi, par la même occasion, de nombreux prédateurs (rapaces, Renards, Martre…) trouveront un formidable garde manger !

La floraison tardive de l’espèce permet également aux derniers insectes butineurs et aux auxiliaires de cultures de pouvoir survivre encore quelques jours, notamment lors d’année très sèche, quand de nombreuses fleurs herbacées n’ont pas supporté le manque d’eau des mois de juillet et d’août… Signalons ainsi l’existence de la Collète du lierre Colletes hederae, une abeille sauvage apparaissant en septembre et nidifiant en bourgade dans les sols sableux. Sa particularité est de rechercher exclusivement les fleurs de lierre pour sa collecte de pollen (des mâles peuvent visiter ponctuellement d'autres plantes pour rechercher du nectar). Sans lierre, cette abeille disparaitrait ! [la Collète du lierre sur la base de données du CPIE : Cartographie ]

Ainsi, le Lierre ne jouit malheureusement pas d’une très bonne réputation et manque à être connu et reconnu, notamment pour ses qualités écologiques. Ces quelques lignes visent alors à interroger le plus grand nombre d’entre nous sur une cohabitation plus résonnée avec celui-ci !

Il nous manque encore des témoignages sur certaines commune de l’Anjou [Cartographie du Lierre grimpant]! Si c’est le cas n’hésitez pas à le signaler : soit dans la base de données (https://cpie.kollect.fr/), soit par mail à Olivier en précisant la date et le lieu de l’observation.

Toutes les observations d'autres espèces de faune ou de flore sont également les bienvenues, n’hésitez pas à nous contacter !

 

 

 

 

Auteur : Olivier DURAND